Madeleine HERMAN, est née à Liège, Belgique, a fait des études d’assistante sociale. 

vol1L’abbé Pierre a fait une conférence  à Liège fin des années 50, elle en est très marquée et lui exprime son désir de travailler avec les plus pauvres, il lui parle alors de Lima où il commence une action Emmaüs, mais ce n’est pas possible à ce moment pour Madeleine. Elle le rencontre à nouveau 2 ans plus tard, à Paris, il revient d’une tournée en Inde, avec Indira Gandhi pour interprète. Très touché par la misère qu’il a côtoyée, il propose alors à Madeleine de s’y rendre. C’est ainsi que Madeleine décide de consacrer un an de sa vie à ce pays en voie de développement. C’était en 1962.

Pourquoi Pondichéry, ancien comptoir français en Inde du sud et nouvellement rattaché à l’Inde ? Parce qu’on y parle encore français, avec la présence d’institutions et d’ordres religieux datant de la colonisation et de nombreuses familles franco-indiennes.

Aidée de jeunes garçons et filles, étudiants pondichériens, elle parcourt la banlieue à bicyclette, avec quelques médicaments sur son porte-bagages et soigne les plus atteints. Partout, même à l’ombre des maisons bourgeoises, Madeleine découvre la vraie misère, cachée, misère autant physique que morale. Elle découvre aussi le quartier des lépreux, à Dubraypeth, où de nombreux hommes et femmes, atteints de cette maladie qui, même guéris, les met au banc de la société, vivent dans ou juste au dehors de la léproserie. Ils y sont pris en charge et beaucoup mendient pour pouvoir boire de l’alcool et ainsi oublier, pour un moment, leur condition d’exclus. Avec ces étudiants et des volontaires, elle construit sur la plage quelques huttes, sol et murs bas en boue séchée et toit de feuilles de cocotier .

A Oupalam, banlieue sud derrière la gare, elle est touchée par la grande misère des habitants, nouveaux venus des campagnes environnantes, plusieurs morts par semaine, surtout de malnutrition, dénutrition ou des suites de l’alcoolisme dans lequel se réfugie un grand nombre d’hommes et, même, quelques femmes.

C’est dans ce quartier que ce groupe décide de s’arrêter et d’agir. Il sera bientôt rejoint par des volontaires venus de France ou d’ailleurs, volontaires du Service Civil International ou jeunes voulant donner un temps de leur vie aux autres.

La première activité est un dispensaire où, bientôt, plusieurs centaines de patients défilent chaque jour, en raison de la pénurie de telles structures à Pondichéry, mais surtout parce que Madeleine, vite surnommée Amma, "la mère", les connaît toutes et tous et leur offre son amitié désintéressée. Très vite aussi est organisée une distribution de lait aux enfants pour lutter contre la malnutrition. Madeleine plaide la cause des adultes auprès du Maire de la ville, pour la recherche d’emplois stables ; c’est ainsi que nombre d’hommes d’Oupalam deviennent les éboueurs de la ville, petit salaire mais premier salaire régulier.

Madeleine Herman épouse Arnaud de Blic, Docteur en chimie, venu en Inde effectuer un service civil comme Professeur de Physique-chimie au Collège Français de Pondichéry et bénévole au Volontariat.

De nombreuses années ont passé, les activités se sont multipliées et diversifiées.

Madeleine est toujours « au front », avec toujours la même foi et la même énergie. Elle est bien secondée par des responsables des programmes et les responsables administratifs. Les décisions importantes se prennent en collégialité, au sein de l’association Volontariat et du Comité de décision. Pour tous, elle reste Madeleine Amma !